Conseil général de la Somme
Chargés de mission de la Direction Générale Adjointe « Aménagement et Equipement du département »
Partenaires de l'action TechniquesGroupement de consultants
Université Paris 1
Conservatoire de l’Espace Littoral et des Rivages Lacustres (CELRL)
Direction Départementale du Territoire et de la Mer (DDTM)
FinanciersEtat
FEDER
Conseil général de la Somme
Conseil régional de Picardie
Certaines zones du littoral picard font face à une accélération de l’érosion. Les territoires protégés de la mer par un cordon de galets de plus en plus fragile et dont une partie a été gagnée sur la mer par des polders, sont exposés au risque de submersion marine. Pour ne plus opérer au coup par coup, dans le cadre d’actions curatives, le Syndicat Mixte Baie de Somme-Grand Littoral Picard engage les acteurs territoriaux dans une réflexion sur la protection durable et sur le long terme du trait de côte. Un plan de prévention des risques « submersion marine » et « érosion du trait de côte » est notamment en cours d’élaboration dans les Bas-Champs du Sud de la Baie de Somme.
Définitions :
polder : Il s’agit d’une étendue artificielle de terre, conquise sur la mer ou sur une autre étendue d’eau, et dont le niveau est inférieur à celui de la mer ; le plus souvent, sur le littoral français, le niveau d’un polder est inférieur au niveau de la mer lors des marées de vives eaux.
Il est aménagé par la construction de digues et valorisé, par exemple pour l’augmentation de la surface agricole d’un territoire.
dépoldérisation : La dépoldérisation est un processus de « remise » à la mer des terres précédemment gagnées sur l’espace maritime. Cette démarche d’aménagement du territoire a été initiée par la Grande-Bretagne dans les années 1980. Il existe quatre types de dépoldérisation selon leur objectif : à visée environnementale, protectrice, touristique et compensatoire.
Plusieurs techniques de dépoldérisation peuvent être mises en œuvre : l’ouverture dans le corps de la digue (tuyaux, clapets, portes à marée, écluses), la brèche dans la digue (souvent accidentelle) ou le démantèlement total de la digue.
submersion marine : C’est une inondation temporaire par la mer de la zone côtière et des terrains situés à un niveau inférieur ou égal à celui des plus hautes eaux. Elle peut être générée par une rupture du cordon de galets, un débordement, un franchissement par paquets de mer.
effet de chasse : L’effet de chasse est un phénomène physique par lequel un brusque lâcher d'eau crée un très fort courant qui nettoie un chenal, en « chassant » les sédiments déposés.
Dans ce cadre, le Conseil Général de la Somme a conduit une première expérience de dépolderisation de la Ferme de la Caroline, une surface de 20 hectares, en aménageant une brèche d’environ 30 mètres dans la digue existante pour laisser pénétrer la mer.

Etude de faisabilité d’une « remaritimisation » du site de la Ferme de la Caroline au Hourdel
La première étape de cette expérience novatrice en France a été la réalisation d’une étude de faisabilité de la dépolderisation de l’enclos de la Caroline. Cette étude a porté sur différentes dimensions du projet :
Mise en œuvre du projet de dépolderisation expérimentale de la zone
Le projet de dépolderisation du site de la Ferme de la Caroline consiste en la création d’une brèche dans la digue de la Caroline. Cette action doit permettre la création d’un bassin naturel d’une superficie utile de 27 ha. Il se remplira et se vidangera au rythme des marées, créant ainsi un effet de chasse hydraulique dans le chenal du courant à poissons et ensuite dans le chenal du port jusqu’à la pointe du Hourdel. A marée descendante, la vidange de cette zone génère des vitesses de courants importantes dans le chenal du Hourdel, ce qui limite les dépôts dans le chenal.
Les terrains polderisés du site de la Caroline se situent en-dessous des niveaux des mollières de la Baie de Somme. Ils seront creusés de manière à s’approcher du niveau du fond du chenal du courant à poissons. Les matériaux récupérés lors de ces opérations seront, pour partie, réutilisés pour conforter et aménager des digues environnementales de manière à favoriser le développement d’une biodiversité nouvelle qui fera l’objet d’un suivi scientifique.
Le projet ne modifiera pas le fonctionnement initial du courant à poissons. Un ouvrage de liaison avec le bassin dépolderisé sera créé, qui favorisera la vidange du courant à poissons en période de crue et lorsque le niveau d’eau du bassin le permettra.
Indicateurs de suivi et d'évaluationIndicateurs répondant aux principes de la Gestion Intégrée des Zones Côtières
Coût7 millions d’euros
Adéquation avec les activités de loisir traditionnelles locales (chasse au gibier d’eau)
Date de réalisation : mars 2011