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Retour d'expérience

Fiche Action

Adaptation au changement climatique

Dépolderisation expérimentale de la ferme de la Caroline - Maintien des paysages maritimes - Reconstitution des paysages des bas-champs

Conseil général de la Somme


Situation : Picardie, Somme (80)Population : 577 499 habitantsSuperficie : 6 170 km2782 communes
Carte des Dom Tom
Carte de France Département 80

Objectifs
  • Lutter contre l’ensablement du Port du Hourdel et en maintenir les conditions d’accès :
  • contribuer au maintien du caractère maritime en permettant un meilleur accès des bateaux au port grâce à un effet de chasses dans le chenal de navigation : aspect hydraulique ;
  • permettre de nouvelles potentialités de cultures marines : aspects économiques ; et recréer un marais maritime riche en biomasse (les marais maritimes sont prisés par les poissons pour les pontes et accueillent une flore maritime abondante (obione, salicorne, etc.) : aspect écologique ;
  • améliorer la qualité paysagère du site, avec des retombées touristiques attendues ;
  • préparer les esprits à la problématique de gestion du littoral par une initiative innovante.
Moyens mobilisés Humains

Chargés de mission de la Direction Générale Adjointe « Aménagement et Equipement du département »

Partenaires de l'action Techniques

Groupement de consultants

Université Paris 1

Conservatoire de l’Espace Littoral et des Rivages Lacustres (CELRL)

Direction Départementale du Territoire et de la Mer (DDTM)

Financiers

Etat

FEDER

Conseil général de la Somme

Conseil régional de Picardie

Description de l'action

Certaines zones du littoral picard font face à une accélération de l’érosion. Les territoires protégés de la mer par un cordon de galets de plus en plus fragile et dont une partie a été gagnée sur la mer par des polders, sont exposés au risque de submersion marine. Pour ne plus opérer au coup par coup, dans le cadre d’actions curatives, le Syndicat Mixte Baie de Somme-Grand Littoral Picard engage les acteurs territoriaux dans une réflexion sur la protection durable et sur le long terme du trait de côte. Un plan de prévention des risques « submersion marine » et « érosion du trait de côte » est notamment en cours d’élaboration dans les Bas-Champs du Sud de la Baie de Somme.

Définitions :

polder : Il s’agit d’une étendue artificielle de terre, conquise sur la mer ou sur une autre étendue d’eau, et dont le niveau est inférieur à celui de la mer ; le plus souvent, sur le littoral français, le niveau d’un polder est inférieur au niveau de la mer lors des marées de vives eaux.

Il est aménagé par la construction de digues et valorisé, par exemple pour l’augmentation de la surface agricole d’un territoire.

dépoldérisation : La dépoldérisation est un processus de « remise » à la mer des terres précédemment gagnées sur l’espace maritime. Cette démarche d’aménagement du territoire a été initiée par la Grande-Bretagne dans les années 1980. Il existe quatre types de dépoldérisation selon leur objectif : à visée environnementale, protectrice, touristique et compensatoire.

Plusieurs techniques de dépoldérisation peuvent être mises en œuvre : l’ouverture dans le corps de la digue (tuyaux, clapets, portes à marée, écluses), la brèche dans la digue (souvent accidentelle) ou le démantèlement total de la digue.

submersion marine : C’est une inondation temporaire par la mer de la zone côtière et des terrains situés à un niveau inférieur ou égal à celui des plus hautes eaux. Elle peut être générée par une rupture du cordon de galets, un débordement, un franchissement par paquets de mer.

effet de chasse : L’effet de chasse est un phénomène physique par lequel un brusque lâcher d'eau crée un très fort courant qui nettoie un chenal, en « chassant » les sédiments déposés.

Dans ce cadre, le Conseil Général de la Somme a conduit une première expérience de dépolderisation de la Ferme de la Caroline, une surface de 20 hectares, en aménageant une brèche d’environ 30 mètres dans la digue existante pour laisser pénétrer la mer.

Phasage et déroulement de l'action Phase 1

Etude de faisabilité d’une « remaritimisation » du site de la Ferme de la Caroline au Hourdel

La première étape de cette expérience novatrice en France a été la réalisation d’une étude de faisabilité de la dépolderisation de l’enclos de la Caroline. Cette étude a porté sur différentes dimensions du projet :

  • Un volet technique, hydraulique et hydro sédimentaire : la promotion de techniques « naturelles » d’aménagement dans le cadre d’une dépolderisation (efficacité hydraulique sur la dynamique sédimentaire) ;
  • Un volet paysager et environnemental : la valorisation des formes naturelles, la renaturation des milieux (végétation à forte plus-value environnementale) ;
  • Un volet socio-économique (entretiens, enquêtes) : le maintien de l’activité de pêche et plaisance, l’expérimentation et le développement potentiel de zones de cueillette voire, dans un second temps, d’exploitation des salicornes, le développement des pacages ovins et du tourisme de nature, etc. ;
  • Un volet juridique : expertise juridique des aménagements, rétrocession de terrains à l’Etat (retour du Domaine Public Maritime), etc.
  • Une analyse des retours d’expérience sur des opérations similaires réalisées en Europe.
Phase 2

Mise en œuvre du projet de dépolderisation expérimentale de la zone

Le projet de dépolderisation du site de la Ferme de la Caroline consiste en la création d’une brèche dans la digue de la Caroline. Cette action doit permettre la création d’un bassin naturel d’une superficie utile de 27 ha. Il se remplira et se vidangera au rythme des marées, créant ainsi un effet de chasse hydraulique dans le chenal du courant à poissons et ensuite dans le chenal du port jusqu’à la pointe du Hourdel. A marée descendante, la vidange de cette zone génère des vitesses de courants importantes dans le chenal du Hourdel, ce qui limite les dépôts dans le chenal.

Les terrains polderisés du site de la Caroline se situent en-dessous des niveaux des mollières de la Baie de Somme. Ils seront creusés de manière à s’approcher du niveau du fond du chenal du courant à poissons. Les matériaux récupérés lors de ces opérations seront, pour partie, réutilisés pour conforter et aménager des digues environnementales de manière à favoriser le développement d’une biodiversité nouvelle qui fera l’objet d’un suivi scientifique.

Le projet ne modifiera pas le fonctionnement initial du courant à poissons. Un ouvrage de liaison avec le bassin dépolderisé sera créé, qui favorisera la vidange du courant à poissons en période de crue et lorsque le niveau d’eau du bassin le permettra.

Indicateurs de suivi et d'évaluation

Indicateurs répondant  aux principes de la Gestion Intégrée des Zones Côtières

Coût

7 millions d’euros

Facteur de réussite
  • Acceptabilité du projet par la population locale (sociale)
  • Diversification et augmentation de la biodiversité (écologique)
  • Pérennité voire augmentation des activités professionnelles liées à la mer : culture de salicorne, pêche, élevage ovin (économique)
Point de vigilance

Adéquation avec les activités de loisir traditionnelles locales (chasse au gibier d’eau)

Contact
Conseil général de la SommeVincent BAWEDIN,
Chargé de mission Aménagement du Littoral, CG Somme
v.bawedin@somme.fr
Lucie LISANT,
Chargée de mission Plan Energie-Climat, CG Somme
l.lisant@somme.fr
ADEMEPIBOULEU Vincent,
vincent.pibouleu@ademe.fr

Voir aussi


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Date de réalisation : mars 2011