Ville de Paris
Le programme de végétalisation constitue la troisième des orientations du Plan climat de la Ville de Paris en matière d’adaptation. Les deux premiers points concernent :
- la canicule, sous l’angle de la prise en charge des personnes fragiles et le confort d’été,
- la garantie du confort d’été du bâti qui n’impliquerait pas une multiplication des installations de climatisation.
L’objectif du plan de végétalisation est de réduire l’ilot de chaleur urbain (ICU) au sein de la petite couronne. Lors des épisodes de fortes chaleurs, la température observée dans le cœur de paris a pu s‘élever jusqu’à 8 °C au-dessus des températures relevées dans la grande couronne. La végétalisation, à la fois du bâti et de l’espace public, constitue un levier important de limitation des impacts du changement climatique.
Définition d’un îlot de chaleur : le milieu urbain est à l’origine de processus radiatifs, thermiques, dynamiques et hydriques qui modifient le climat de la ville. La couche superficielle du sol, avec la présence plus ou moins importante de surfaces végétales ou d’eau, les activités humaines qui induisent des rejets de chaleur et de polluants, et la structure urbaine, avec des matériaux de construction et une certaine morphologie du cadre bâti, sont les principaux facteurs de cette modification. Le climat urbain a pour effet principal de limiter la baisse des températures durant la nuit, diminutions qui, lors de vagues de chaleur, est pourtant essentielle pour permettre aux organismes humains une récupération des fortes chaleurs du jour.
Dans la lutte contre le changement climatique, la place du végétal en ville est importante car les plantes, par le processus d’évaporation, humidifient et refroidissent l’air, luttant ainsi contre les microclimats engendrés par la densité urbaine. Espaces verts et toitures végétalisées limitent les espaces imperméabilisés et diminuent les rejets en égouts. C’est dans cette logique que s’insère le programme pluriannuel de végétalisation des toitures parisiennes pour atteindre en 2020, une surface de 3 km2 végétalisée à Paris.
Un vaste programme a été mis en place comportant la végétalisation de murs pignons, de toitures et d’espaces publics. Parallèlement, la multiplication d’espaces verts permet d’accroître le ratio d’espace verts par habitant qui est historiquement faible à Paris. Au-delà du confort qu’elle apporte, la végétalisation concourt aux économies d'énergie en isolant thermiquement les murs et toitures. Elle permet aussi d’améliorer la qualité du paysage et favorise l'intégration du bâtiment dans l'environnement urbain.
Phasage et déroulement de l'action Phase 1Repérage des domaines d’intervention pour la végétalisation
La démarche de végétalisation a débuté par le repérage par les conseils de quartier des supports végétalisables. Dans le cadre de l’étude de l’APUR (Atelier Parisien d’Urbanisme), un recensement indique que Paris comporte 314 hectares de toits terrasses végétalisables. La végétalisation peut être mise en œuvre sur des bâtiments publics, des bâtiments privés et des espaces publics.
La végétalisation des bâtiments publics
Certaines conditions sont à remplir avant de pouvoir végétaliser un mur. Parmi elles : la présence d’un sol public au pied du mur (jardin ou voie publique), l’existence d’une bonne visibilité sur le mur depuis la rue, une largeur de mur suffisante d'au moins 3 mètres, un bon état en surface, l’absence de chambres techniques, de réseaux importants en sous-sol, de baies ouvrantes ou de panneaux publicitaires.
Les toits terrasse – toitures idoines pour ces opérations – ont été recensés dans la ville de Paris afin de mesurer la surface potentiellement mobilisable pour établir des zones végétales. Des arbitrages entre les toits susceptibles de donner lieu à une végétalisation et ceux plus appropriés à la pose de capteurs photovoltaïques ont dû être faits.
La Direction du patrimoine et de l’architecture et l’Agence de l’écologie urbaine ont conjointement réalisé une série de fiches techniques de façon à croiser les thématiques de ville verte et de mobilisation du patrimoine.
La création de jardins partagés
La place du végétal a vocation à se renforcer dans l’espace urbain dans le but d’embellir l’espace public et favoriser la biodiversité. Avec le soutien de la cellule Main verte de la Direction des Espaces Verts et de l’Environnement (DEVE), des jardins collectifs d’habitants, ou jardins partagés, se développent sur des emprises de la Ville. La Ville de Paris s’engage à réaliser un plan à 20 ans permettant de végétaliser tous les espaces potentiels.
Végétalisation des bâtiments privés
L’accompagnement des copropriétés parisiennes pour engager la rénovation des logements privés a été conduit sur l’ensemble du territoire, et une Opération programmée d’amélioration thermique du bâtiment (OPATB) ciblée sur 24 000 logements énergivores du 13e arrondissement, soit 2 % du parc parisien, a été mise en œuvre depuis le début de l’année 2010. Il s’agit de trouver de nouveaux montages financiers pour inciter le secteur privé à engager des travaux. L’éco-PTZ mais aussi des aides de l’ANAH, de l’Ademe et de la Ville de Paris favorisent le lancement de travaux. Les syndics et copropriétaires - comprenant que la valorisation de leur patrimoine est en jeu - montrent un véritable intérêt à cette démarche.
Phase 2Sensibilisation des acteurs, formation et diffusion d’information
La sensibilisation des acteurs aussi bien publics que privés est essentielle pour la végétalisation.
Pour les acteurs publics : La Direction des Espaces Verts et de l’Environnement (DEVE) a organisé près de 8 000 journées de formation à destination des agents de la direction. Les personnels du service du Plan Climat ont également été formés.
La diffusion d’informations par une permanence de conseillers info énergie a été assurée par le pôle d’accueil et de service aux usagers (PASU). Une séance de formation du service des permis de construire a également été dispensée.
Pour le grand public : En 2010, de nombreuses manifestations ont permis au grand public de connaître ces démarches de végétalisation et de valoriser les nouveaux espaces verts. Les parcs, bois et jardins de Paris ont été le théâtre de nombreuses manifestations, conçues et réalisées par la DEVE, comme : la création sur le parvis de l’Hôtel de Ville du Jardin éphémère, l’exposition "Dans les pas de Charles Darwin" au parc de Bagatelle ou les Journées parisiennes de l’énergie et du climat.
Phase 3Mise en œuvre des travaux de végétalisation
Des modes d’action spécifiques à chaque type de bâtiment ont été conduits afin d’insérer le bâti dans une démarche d’adaptation.
La végétalisation des toits a dans un premier temps été réalisée sur les toits des bâtiments publics (école, piscine, bibliothèque, etc.). Afin d’inciter l’installation de toits végétaux au sein du parc privé, il s’agissait surtout, après des actions de sensibilisation, de mettre en place des systèmes d’aide afin de générer un intérêt et un levier financier. Le prix du mètre carré de toit végétalisé est d’environ 80€ contre 12€ pour de l’ardoise. Pour cette raison une subvention à la végétalisation des toitures pour les copropriétés a été mise en place pour ceux qui en feraient la demande dans le cadre du programme d’intérêt général développement durable.

© Mairie de Paris - DEVE
Concernant les jardins partagés, une politique favorisant les initiatives citoyennes de plantation a été mise en place, portée par le Service municipal Main Verte. La possibilité de financement d’un accompagnement de projet ainsi que le financement de projets innovants comportant - par exemple, la récupération d’eaux pluviales - a permis de susciter l’attention du public et favoriser la faisabilité des projets. Les jardins qui ont le label Main Verte sont intégrés au réseau du programme Main Verte.
Les associations ont signé une convention avec la Ville de Paris et bénéficient de conseils, d'informations et de documentations. Le jardin partagé trouve sa place sur un terrain de la Ville de Paris mais peut aussi être constitué sur un autre terrain (bailleurs sociaux, Réseau Ferré de France, etc.). En septembre 2010, ce sont 50 jardins partagés qui ont été mis à disposition des Franciliens.

Jardin Nomade, Paris 11e
Les murs végétalisés ont été fortement portés par la ville de Paris, notamment avec le mur végétal du musée du Quai Branly qui a bénéficié d’une large visibilité.
L’avis du Maire de l’arrondissement est requis, le statut de propriété du mur est vérifié en cas de besoin, une consultation des concessionnaires du sous-sol est effectuée et des travaux éventuels de protection ou de déviation des réseaux sont réalisés. Selon le site, l’approbation du projet de mur végétalisé est sollicitée auprès de l’Architecte des Bâtiments de France. Le propriétaire ou l’assemblée des copropriétaires sont ensuite saisis pour accord. Un constat d’huissier est fait en accord avec les propriétaires de l’immeuble sur l’état du mur. Après les travaux de végétalisation, un entretien courant est assuré par les services de la Ville de Paris. Un suivi régulier de la structure et du développement des plantes est mis en place, avec les engins appropriés (nacelles), afin de ne pas laisser les plantes envahir les gouttières ou les toits. En 2010, la place du végétal dans l’espace public parisien s’est développée avec la création de 450m² de murs végétalisés, soit 17 murs.
L’ensemble de la démarche de végétalisation a permis l’instauration d’autres pratiques vertueuses : des consommations d’énergie plus faibles, moins d’interventions mécanisées, une réduction drastique des traitements phytosanitaires et une gestion raisonnée de l’arrosage visant à limiter l’usage de l’eau.

Mur végétal du Musée du Quai Branly
Phase 4Renforcement des mesures régulatrices en matière d’adaptation au changement climatique
La Ville de paris a initié une démarche de labellisation des espaces verts parisiens : le label «espace vert écologique». D’ici 2014, les 450 parcs et jardins de Paris seront audités par un organisme indépendant. Cette labellisation valorise la modification des pratiques quotidiennes par :
Le PLU de la Ville de Paris a été modifié en novembre 2010. L’article 13 divise la zone urbaine générale en deux zones : un secteur de mise en valeur du végétal et un autre de renforcement du végétal. Le renforcement de l’espace en pleine terre a été inscrit dans cet article.

En 2009, le budget de la DEVE pour la création d’espaces publics verts s’élève à 33 millions d’euros en budget de fonctionnement et 31 millions d’euros d’investissements. Le programme de végétalisation des toitures a coûté 2,4 millions d’euros en 2008 avec la création de 25 150 m2 de toitures végétalisées.
Date de réalisation : mars 2011