Communauté de Communes de la Vallée de Chamonix-Mont-Blanc (Chamonix-Mont-Blanc, Les Houches, Servoz, Vallorcine)
Au vu de l’importance de l’activité touristique sur le territoire, le volet Adaptation du Plan Climat Energie Territorial de la Vallée de Chamonix-Mont-Blanc s’est donné comme objectif le développement durable de son offre éco touristique. La Vallée s’est engagée dans une démarche globale, qui vise à modifier les comportements vers une démarche plus éco responsable et cherche à valoriser la biodiversité et l’équilibre des milieux naturels qui la composent.
L’offre éco touristique de la Vallée se décline en plusieurs composantes opérationnelles qui impliquent l’ensemble des acteurs, professionnels, associations, habitants et collectivités. Les activités vont des actions de sensibilisation à des démarches de labellisation, en passant par la conception de nouveaux produits éco touristiques et l’innovation dans les modalités de transports. Cet ensemble d’action s’insère durablement dans le cadre de l’adaptation du territoire au changement climatique dans la Vallée de Chamonix-Mont-Blanc et concourt à avoir un meilleur suivi des risques naturels dans la vallée.
Phasage et déroulement de l'actionLa Vallée présente un contexte local fragile et vulnérable, tangiblement, au changement climatique, comme l’atteste par exemple la fonte des glaciers. Les météorologues démontrent que la température moyenne a davantage augmenté à Chamonix qu’au niveau mondial. Du fait de sa situation géographique, la vallée est également confrontée à une forte exposition aux risques naturels (chutes de pierre, de séracs, avalanches et inondations). Cette spécificité favorise la mise en œuvre de politiques plus volontaristes dans le cadre de l’adaptation au changement climatique. Le secteur du tourisme représente 95 % de l’économie du territoire, la dégradation des milieux aurait ainsi un impact désastreux sur la Vallée.
Ces deux facteurs couplés ont conduits à ce que la Communauté de Communes devienne lauréate de l’appel à projet de la Région Rhône-Alpes « territoire Eco touristique exemplaire », cofinancé par des fonds européens (FEDER) et de l’Etat (FNADT). Le phasage et le déroulement de l’action en termes d’adaptation sur le territoire se décline en plusieurs types d’activités. Il s’agira ici de les identifier et de décrire leur rôle opérationnel dans le cadre du volet « adaptation du territoire au changement climatique » du PCET.
Phase 1Sensibilisation des acteurs du tourisme au développement durable et labellisation de l’éco tourisme
L’ADEME Rhône-Alpes, en partenariat avec la Région Rhône-Alpes et la DREAL Rhône-Alpes, a organisé fin 2009 un séminaire de sensibilisation à l’adaptation au changement climatique et aux impacts prévisibles en Rhône-Alpes à destination des élus, décideurs locaux et organismes partenaires. La région a en effet exprimé sa sensibilité au changement climatique relativement tôt par rapport aux autres régions françaises comme l’atteste l’axe connexe et les orientations définies en matière d’adaptation dans le cadre du Contrat de Projet Etat-Région pour la période 2007-2013.
La prise en considération des enjeux du changement climatique et la mise en avant de la problématique de l’adaptation au regard des stratégies des autres régions françaises qui ont davantage favorisé des démarches d’atténuation, ont permis à la Communauté de Communes de mettre en place des politiques d’adaptation opérationnelles et ambitieuses avec un engagement à moyen terme.
La sensibilisation des acteurs du tourisme est essentielle, dans la mesure où la cohérence des connaissances et la mise à niveau de tous les acteurs sur l’état des lieux de la situation écologique de la Vallée sont primordiales. De même, les professionnels du tourisme sont les premiers à être en contact avec les milieux naturels et les visiteurs et occupent donc une position centrale de diffusion d’information.
Des formations participatives sur les enjeux de l’éco tourisme aussi bien sur les aspects sociaux, environnementaux qu’économiques, sont ainsi proposées aux professionnels du tourisme afin de les sensibiliser aux moyens et pratiques de l’adaptation au changement climatique dans la Vallée. Des manifestations sont organisées dans le but de toucher un public plus large et de valoriser les actions menées sur le territoire et celles également conduites dans les territoires transfrontaliers. C’est le cas des Rencontres annuelles de l’écotourisme, et son édition 2011 « Mont-Blanc versant durable, Les rencontres du tourisme de demain ». Une Charte des évènements responsables est en cours de co-rédaction avec tous les partenaires afin que l’ensemble des activités culturelles du territoire réponde aux exigences du développement durable.
Phase 2Constitution d’un « musée à ciel ouvert » sur le thème de l’adaptation au changement climatique
Le massif du Mont-Blanc est un milieu fragile et qui attire de nombreux visiteurs chaque année. Les différents projets de recherche et de vulgarisation scientifique qui ont été conduits au pied du Mont-Blanc vont être mis à profit pour valoriser le patrimoine dans le cadre de la conception d’un « Musée à ciel ouvert ». La Vallée, conçue comme un espace muséographique, devient un outil de communication grand public sur les enjeux énergie-climat locaux. Les milieux naturels, les écosystèmes sont expliqués et valorisés auprès des visiteurs autour de quatre espaces scénographiques, de points relais thématiques et de sites géo-référencés en pleine nature reliés selon des itinéraires thématiques. Le changement climatique est un thème transversal à l’ensemble des sujets abordés tout au long du parcours. L’aborder de manière visible et ludique dans un lieu naturel et en plein air permet de faciliter la prise de conscience des évolutions climatiques et des comportements à adopter afin de mitiger les impacts du changement climatique sur le territoire en responsabilisant le visiteur comme l’habitant.

Valorisation des itinéraires montagnards dans la Vallée de Chamonix-Mont-Blanc
Phase 3Renforcement de la cohésion de l’offre de produits écotouristiques
95 % de l’économie du territoire relève des activités touristiques. Les opportunités économiques sont donc conséquentes même si les activités touristiques de la montagne ont atteint un certain stade de maturité. La valorisation de produits durables et responsables est apparue comme un axe commercial à privilégier dans un contexte où la diversification de l’offre touristique est quasiment inéluctable. De manière spontanée, de plus en plus de professionnels de la Vallée proposent des produits qui répondent à des critères écotouristiques. La production d’une offre de tourisme durable et responsable cherche à se développer davantage sur le territoire. Les Offices de Tourisme prennent également des initiatives dans ce domaine depuis des années. L’Office de Tourisme de Chamonix est cofondateur de l’association « Mont-Blanc Ecotourisme », et celui des Houches & Servoz organise depuis 1999 le festival « Rencontres & Nature » dédié à l’environnement. Il s’agit aujourd’hui pour la Vallée de fédérer l’ensemble de ces initiatives en écotourisme sur le plan de la promotion commerciale afin de créer une offre cohérente, plus accessible et réellement présente sur le marché.
Phase 4Ingénierie d’un transport durable et développement de l’intermodalité
Un des axes essentiels afin d’assurer une offre écotouristique efficace est le transport, en particulier le développement de modes de déplacements alternatifs en direction des touristes. La Communauté de Commune souhaite augmenter ses efforts afin de favoriser un changement de comportement durable dans le domaine des déplacements. Elle s’est engagée depuis de nombreuses années dans le développement des transports collectifs, notamment avec la mise en place d’un Plan de Déplacement Urbain volontaire. L’objectif de cette action est bien de mettre à disposition une offre cohérente de transport alternatif sur l’ensemble du territoire et d’assurer une parfaite lisibilité des modalités de déplacements aussi bien pour les touristes que pour les habitants du territoire. Une carte didactique permet aux voyageurs de se déplacer par cheminements doux. Des actions sont menées en faveur de l’intermodalité à travers, par exemple, l’installation de portes-vélos dans les bus.

Le « Mulet » assure la desserte du centre de la ville avec des véhicules de petite capacité (19 places), peu encombrants, accessibles aux personnes à mobilité réduite et encore peu polluants car équipés de filtres à particules. Il est en correspondance avec les arrêts stratégiques du réseau urbain
1,8M€ sur 3 ans (2011-2013)
Ne pas sous estimer l’importance des échanges d’expérience avec les territoires limitrophes afin de poursuivre les efforts et d’atteindre une cohérence territoriale en matière d’adaptation.
Date de réalisation : mars 2011